Coupe du Monde

Coupe du Monde

Coupe du monde.
À six ans, je venais de perdre ma mère et mon père, arbitre de le Ligue du Sud-Est, était tenu, tous les dimanche, d’aller arbitrer des matchs de foot entre des équipes provençales.
Ne pouvant rester seul, je l’accompagnais dans sa Trèfle. J’embarquais à bords de cet ULM Citroën à roulettes avec pour compagnons quelques jouets, des livres d’images archi connus et, plié dans un papier, mon goûter de pain et de chocolat de mon  » quatre heure  » Le froid me faisait parfois rester assis avec une couverture, mais j’allais volontiers explorer le terrain, tout en restant prudemment à l’écart des affectionates clairsemés. Ils hurlaient toujours des imprécations ou des encouragements à l’équipe locale. Une façon comme une autre de participer. L’équipe des visiteurs, constamment injuriée, n’avait pas un fan, sinon, à l’autre bout du terrain, une petite amie fidèle quoique transie, et le chauffeur du car qui les ayant trimballés dans ce guet-apens.
À mon âge, je n’avais aucune idée des règles complexes de ce jeu, sinon qu’il fallait faire entrer un ballon dans les bois adverses. Aussi, je ne suivais rien et même me désintéressais totalement de l’action. Mais j’entendais les commentaires flatteurs destinés à mon père : vendu, à mort, pauvre mec…lorsque le score annonçait la défaite sur un coup pas très franc. Les retours aux vestiaires pouvaient devenir houleux et les vainqueurs, ces affreux, se transformaient parfois en gardes du corps bénévoles. La violence n’était pas exclue et, le lendemain, la presse locale se faisait une joie de relater à sa façon, ces joutes fraternelles entre villes ou villages,et d’assassiner l’arbitre selon le résultat.
Ne vous étonnez pas si je n’ai gardé de ces temps sportifs qu’une once d’affection très limitée. Les bleus, les blancs, les rouges sont, pour moi, dans un système héonté d’argent, soigneusement entretenu, et au détriment d’autres sports qui mettent en valeur les qualités humaines, mais non commerciales.

One Comment

  1. Répondre
    Vassillia Chagurin 10 juin 2014

    Une appréciation que je partage et narrée avec maestria

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