Questions surprises

Assemblee

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Un moment fort de la vie d’un parlementaire : Questions au Gouvernement.
Diffusée l’après midi, cette émission télé ne peut pas être suivie par beaucoup de téléspectateurs, c’est parfois dommage.
On y apprend comment majorité et opposition s’affrontent à épées mouchetées ou à balles à blanc. Il y a les ténors avec des questions sournoises ou angéliques, réservées aux débats de fond, des seconds couteaux qui essaient de se faire un nom dans la communication, des spadassins envoyés au feu avec des banderilles pour des broutilles, et des affectionados lénifiants ou cauteleux. Les plus loquaces se croient obligés de remonter aux calendes grecques pour mieux faire comprendre l’importance de leur interpellation. Pour eux, pratiquer la politique de l’autruche est néfaste. Ils sont rappelés à l’ordre par le Président de séance pour qui les minutes de parole sont réparties et comptées. D’autres, les  » quand allez-vous…  » fustigent sans attendre de réponses à leurs interrogations angoissées car elles relèvent d’une figure de style. La durée du temps est souvent une inconnue dans les programmes ou intentions des législateurs en place. Les ripostes des membres du gouvernement ainsi interpellés, sont le fait de gens connaissant le dossier incriminé dans ses derniers développements, aidés efficacement par des bretteurs blanchis sous le harnais. Selon que le curieux appartient au camp des vainqueurs ou à celui des contestataires, la réponse explicative est pleine de compréhension, voire paternelle, mais d’une condescendance apitoyée pour ces ignares minoritaires. Bien souvent le boutefeu n’a plus qu’à mettre la réponse lapidaire dans sa poche, son mouchoir par dessus, sous les regards goguenards et les mines satisfaites. Décidément, cette minorité a toutes les raisons d’avoir tort, elle fait, hélas, partie de l’héritage calamiteux du prédécesseur.
L’argument massue, propre aux deux bords, est imparable : vous n’avaient rien fait lorsque vous étiez au pouvoir.
La constatation est évidente même pour les quidams attentifs qui assistent, dans le poulailler, à ces dialogues brocardeurs. L’immuable courtoisie du début : Monsieur le Président, mes chers collègues, monsieur le député Trucmuch’…( nom du vétilleux quémandeur )est cependant une des règles.
En général, tout pédale dans la semoule, l’heure est à la digestion ou au courrier en retard,voire à une agitation suspecte des pouces. Il arrive qu’un troublion, emporté par son verbe, conjugue mal les injures et déclenche une riposte horrifiée, au milieu des gloussements ( parfois de volatiles) et des bruits de bancs remués. L’hémicycle ce vide sous les imprécations, et les indignés vont,je pense, vider la querelle en mégotant au Bar de l’Assemblé, en potinant aussi façon café du commerce.Le fait est rare mais réjouissant. Nos élus sont vigilants et prompts pour assurer leurs convictions profondes,plus que nous. Avec le changement des têtes, j’ose espérer que nous prendrons désormais la voix royale et que des pétroleuses pourront enrichir les débats.

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