Scout

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Je réponds à votre appel de témoignages sur le scoutisme. A 88 ans, je n’ai rien oublié de cette période de jeunesse dans les scouts de France. Votre demande réveille en nous, les anciens, une réminiscence émouvante mais encore vive.
Je suis entré en scoutisme en 1939 prenant la succession d’un aîné et bien sûr son chapeau emblématique et son ceinturon à fleur de lys. Nous étions en guerre et avons participé à aider des habitants par les collectes diverses,ou menus services, à Uzès dans le Gard, puis à Marseille en tant qu’assistant du chef d’une troupe nouvellement formée, sous la direction d’un réfugié dunkerquois qui, par nostalgie, l’avait baptisée  » Jean Bart « , bien que nous n’eussions rien de…maritime. Jusqu’en 1946 où je suis entré dans l’Armée de l’Air. Une autre communauté.
Une école de formation, sans aucun doute. Tout d’abord sur le plan pratique. Les camps d’été étaient l’occasion de développer à tour de rôle, par patrouille, nos talents de cuisiniers ou de constructeurs de meubles en bois ( bien avant un certain fabricant plein d’ Idées ) Les badges témoins de maturité. nous apprenaient surtout à faire des nœuds, avec des cordes qui n’avaient pas encore une théorie,mais une technique éprouvée. Ils nous assuraient un prestige d’anciens expérimentés. La palette était large dans les compétences. Une panoplie de…bricoleurs avertis.
Les camps de vacances concrétisaient l’apprentissage de l’effort autour parfois d’une charrette à bout de souffle, comme nous.
Des instants de joie et de liberté malgré la tragédie qui déferlait sur le monde
Le voyage de 1er classe nous lançait tout un WE dans la campagne avec quelque morceau de pain, nous y apprenions la cartographie, l’Étoile Polaire, et la solitude du marcheur. Dans cette période très troublée et difficile, je peux attester n’avoir subi aucune pressions politiques.nous étions occupés tous les jeudis après midi, et un dimanche par mois avec un programme de jeux, de chants, de réflexions.
L’occupation Allemande nous privant de messe de minuit à la Noël, nous permettait d’errer cette nuit là, dans les champs à la recherche d’un Mas accueillant pour notre aumônier, et sa paille odorante pour une poignée d’amateurs de crèches ! Un journal mensuel entretenait la flamme et Guy de la Rigaudie vivait toujours dans ses écrits.
Ce que je retiens surtout de cette période d’adolescence, c’est une certaine discipline morale. La Loi scoute y était commentée et la B A donnait les prémices d’une vie d’aides aux autres, Un début de spiritualité commencait avec la promesse. Cet engagement revêtait une certaine solennité par une veillée de recueillement, une sorte de retraite pour nous habituer à la méditation.
Et voila que remonte en ma mémoire ce chant, grâce à internet :
Devant tous je m’engage, sur mon honneur….
A 13 ans, ce sont des instants que nous ne pouvons oublier et qui ont marqué notre vie.
Ce chant rituel d’une cérémonie de promesse se terminait ainsi :

Fidèle à ma Patrie
Je le serai
Tous les jours de ma vie
Je servirai

Par-dessus les frontières
Je tends la main
Le monde de mes frères
Naîtra demain

Un programme pour notre vie future. Ah bien sûr la promiscuité n’était pas de mise. Les filles étaient Guides de France ou s’occupaient des petits Louveteaux.
Et à travers le temps qui a pastellisé les images,je me retrouve, gamin de 13 ans dans une clairière avec la troupe au complet, avec les petits Louveteaux et leurs cheftaines dont un petit loup passait dans une patrouille, avec quelques invités ou parents, en train de dire d’une voix peu assurée :
 » Devant tous je m’engage sur mon honneur……à servir de mon mieux…. »
Aujourd’hui,en me retournant sur notre jeunesse qui n’avait rien, une sorte de richesse car elle était obligée de trouver en elle même ses propres ressources, je me rends compte que le scoutisme m’a fait traverser l’adolescence dans une sorte de quiétude en me donnant de multiples occupations et surtout une spiritualité, un besoin de réflexions,.Certes il n’a pas fait de moi l’ homme parfait, loin de là, mais il a contribué à cette résistance pour la facilité,et un goût pour l’effort qui a perduré.
Que me reste-t’il ? …une petite croix potencée, insigne de boutonnière, conservée par une sorte de fidélité à travers des années et une envie de mettre encore la flamme aux bois résineux pour écouter chanter l’âme……

One Comment

  1. Répondre
    JJ Fournis 12 juin 2014

    je me sais une ame soeur,là-bas,Provençale?… et je reconnais mon frère scout,cher et fidèle ami Henri!Les « copains d’abord » et les plus chers encore,ceux d’Avord ne sont-ils pas éternels?Merci,oui,mille fois merci pour tant de coeur,dans le verbe et dans,et par l’esprit!Dans mon coeur une place à jamais sourit à l’ami cher Henri! JJ

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